Conf�rence 11 octobre 2017 au Mus�e Public National Cirta de Constantine.
Art et m�moire : le cas des Arts Plastiques au Maghreb
Par : Ammar Allalouche Artiste Plasticien.
L�art
doit envahir la cit� pour rapprocher
les hommes, pour devenir la v�ritable m�moire
Collective du futur.
Avec le recul n�cessaire, on peut se demander aujourd�hui si l�on n�a pas privil�gi� l�art, dans l�alliance art et technologie. L�art a profit� de la technologie sans que les artistes qui l�ont largement exploit�e ne participent � l��laboration d�une conception neuve permettant sa totale exploitation. En fait, plus qu�une r�forme de l�art sur le plan technique, il �tait question du sens � donner au concept d�art dans la soci�t� contemporaine.
Toutefois le mariage art et technologie a-t-il �t� rapidement victime d�un d�sint�r�t de la part des artistes ?
Reste donc une question : Si l�art ainsi rang� sous la banni�re de la mondialisation pourra t-il pleinement s�int�grer dans le processus de la cr�ation � l��chelle mondiale ? Disposera t-il des moyens, des capacit�s n�cessaires et surtout acceptera-t-il de se ranger � de tels concepts ?
La tendance est-elle aujourd�hui � une r�actualisation des r�f�rences � la fois locale et maghr�bine lorsqu�il s�agit de poser le probl�me artistique dans le contexte m�diterran�en.
Les syst�mes officiels qui imposent leurs jugements de valeur demeureront-ils ? Les artistes r�ussiront-ils � instaurer leur propre syst�me de communication avec le public et souffriront t-ils moins qu�auparavant de la rigidit� des institutions officielles ? D�s lors, que l�on sache que le superficiel et l�id�ologique l�ont toujours emport� sur le culturel sans que l�on puisse jamais parvenir � une vision globale, mieux �tudi�e et allant au-del� des clich�s !.
Les artistes r�ussiront t-ils � cr�er un espace d�expression? Car cet espace d�expression des arts est fondamentalement li� � l�ambigu�t� historique du statut de l�artiste, car cet artiste reste toujours confront� au probl�me de l�absence d�un statut qui le prot�ge et lui garantit ses droits dans les pays respectifs maghr�bins travers�s � la p�riode contemporaine par un certain nombre de questions et d�incompr�hensions auxquelles il n�a jamais �t� possible jusqu�� nos jours de rem�dier v�ritablement.
Comment expliquer une �uvre d�art dans l�espace esth�tique et de son d�placement dans les destinations connues et inconnues du march� de l�art ?
On parle de plus en plus de l�inexistence d�un march� de l�art dans les pays du Maghreb ? Ce march� de l�art, ce sont les artistes eux-m�mes qui le cr�ent, le mettent en place par le travail et le s�rieux. La t�che de constituer un march� de l�art au Maghreb et l�affaire des artistes et des galeristes chevronn�s au premier degr�. Il faut qu�on l��largisse graduellement au Monde arabe et � l�Occident. Un march� de l�art ne se cr�e pas par combine, par essence n�gatrice des valeurs. Tout cela implique, l��mergence d�artistes novateurs qui partent de leur environnement. La prise de conscience de soi est une pr�paration � l�interp�n�tration fructueuse entre l��uvre d�art et son exploitation dans le march� de l�art.
L�art r�ussira t-il d��chapper � une certaine standardisation du monde selon le propre mod�le de la mondialisation � sinon la greffe r�ussira t-elle ?
Le monde de l�industrie qui attendait donc beaucoup de l�exploitation de ses technologies dans le domaine du concept arrivera t-il � susciter une large adh�sion des artistes ?
Est-ce que le terme d� �art environnemental � est suffisant pour provoquer la volont� des artistes pour instaurer une nouvelle relation entre �uvres et le public pour susciter en lui l�int�r�t pour le concept d�environnement dans l�art. Comment peut-on l�interpr�ter comme un nouveau d�veloppement du d�sir de provoquer la participation des spectateurs � la cr�ation.
Outre les plasticiens � comment faire participer � une large manifestation pluridisciplinaire, des architectes, des compositeurs, des designers, des photographes etc. Car comment la cr�ation repr�sente t-elle les diff�rences et ressemblances culturelles entre l�Autre et soi-m�me, de l�un et de l�autre ?
Comment s�approprie �t-elle des identit�s culturelles ou de genre impos�es ou possibles ?
Les artistes pouvaient-ils s�en r�jouir ? Une v�ritable communication s��tait-elle �tablie entre les spectateurs et les �uvres ?
C�est dans ce sens qu�il faut comprendre la � communication � sens unique �. Le public n�a sans doute pas vraiment per�u la mise en place d�un nouveau circuit entre lui-m�me et les �uvres que lorsqu�on sait qu�il n��tait cependant pas question pour les artistes de se mettre au niveau du grand public, mais de pr�senter des �uvres exp�rimentales connues seulement d�un milieu restreint. Il n�est donc pas �tonnant que les artistes aient consid�r� une exposition comme une occasion exceptionnelle de tester l�int�r�t qu�ils suscitaient aupr�s du public et, dans ce sens, on pourrait dire que leur participation ne rel�ve pas de la politique mais d�une simple id�ologie artistique.
Il s�agit de poser la question en art : Comment doit-en penser aujourd�hui, dans le t�lescopage innovateur des techniques, le rapport de l��uvre d�art au temps, � l�espace ? Comment �valuer le travail plastique face � la multiplicit� des modes de r�ception : visuel, auditif, tactile, voire olfactif ? Sur le t�lescopage �poustouflant des images et leur massification dans une �poque fortement marqu�e par les mutations sociales qui a totalement r�volutionn� notre perception de l�art et de l�esth�tique. Le beau se banalise et l�art, d�passant ou transgressant ses propres r�gles devient dans la pluralit� et l�interaction des exp�riences, un art � l��tat gazeux selon Ives Michaux.
Le corps, � la fois regardant et regard�, est devenu ainsi le creuset de plusieurs pratiques artistiques, et ce, en marge de toute vell�it� de repr�sentation.
Pareillement, l�espace est devenu, dans la confrontation des renouvellements � la fois id�els et conceptuels un foisonnant laboratoire d�exp�rimentation tous azimuts.
La mondialisation est-elle per�ue comme une homologation globalisante des �tres tendant � canoniser les go�ts et les subjectivit�s perceptives ?
- La notion de � lien � dans les repr�sentations picturales maghr�bines constitue-elle une v�rit� unificatrice et instigatrice de plusieurs sens ?
- L�approche � prox�mique � permet-elle d�aboutir � l�id�e qu�un lien commun est souvent appr�hend� diff�remment par le m�me groupe ethnique ? En serait-il ainsi pour le cas du Maghreb et du bassin m�diterran�en.
Malgr� les mutations sociales actuelles, il n�y a pas de prise de conscience individuelle ni collective sur les diff�rences et les ressemblances culturelles mis � part l�activisme isol� de certaines associations artistiques, les minorit�s, celles qui sont porteuses de v�ritables projets de soci�t� ne sont ni admises ni culturellement valoris�es. Et les tenants des transgressions ont du mal � affirmer socialement leur singularit�.
Ces �l�ments constitutifs de l�identit� des genres, qui impliquent spontan�ment la repr�sentation de propre culture et celle de l�autre, d�une soci�t� � l�autre, donc d�une culture ou religion � l�autre. Ils prouvent par exemple, l�inexistence d�une culture unique : celle-ci a d�sormais des formes multiples qui fluctuent en lieu et temps. De plus sur le plan de la cr�ation artistique, les cultures entretiennent l�une et l�autre des � connivences secr�tes � entre le moi et l�autre.
Soulever de nouvelles questions, celle du sens de l�art dans la soci�t� contemporaine, voire celle de l�existence m�me des artistes, c�est d�abord conna�tre les fluctuations de l�art qui ne sont pas si simples : � c�t� du d�veloppement notoire du caract�re environnemental et de son association avec la technologie o� sont apparues les nouvelles tendances qui privil�gient d�une part les relations entre la mati�re et l�homme et d�autre part, la technologie dans une utilisation plus simple.
Soulever de nouvelles questions, c�est soulever le probl�me de la communication qui se fait par l�information, car l�un des paradoxes de la communication, c�est qu�elle est � la fois utilisation d�un appareil pour contr�ler l�environnement et participation au processus d�information pour affirmer l�identit� de celui qui communique.
Si chaque lecture d�une �uvre d�art permet de p�n�trer plus avant son � myst�re �, chaque groupe s�cr�te sa lecture, dont on peut aujourd�hui l�gitimement souhaiter pour que, selon le mot de Brecht, s��largisse le cercle des connaisseurs.
Ne peut-on r�ver de nos jours des �tats qui sauraient utiliser la t�l�vision, la presse parl�e et �crite permettant � tous d�utiliser ces m�dias pour toucher r�ellement tous les publics ?
Avec le changement d��chelle, que signifie la communication de masse, ne faut-il pas trouver des mod�les culturels susceptibles de s�adapter � l��chelle des millions d�individus (de maghr�bins par ex).
Est-ce que le probl�me fondamental serait de savoir passer sans simplification excessive su groupe, de la communaut� affective et existentielle, � la soci�t� rationnelle ou � la masse par la t�l�vision-radios locales-presse etc.
L�interaction de m�tissage constitue-t-elle la meilleure des chances pour cr�er des unit�s civilisationnelles. Si on adh�re � cette solution nous ne pensons pas moins cependant qu�il ne suffit pas pour les cultures de se rassembler pour s�affirmer face � cette globalisation culturelle, qui n�est que la mondialisation dont les effets pervers est � craindre.
La concurrence poussait chaque artiste � importer le premier ce que les autres n�avaient pas encore per�u. Il manquait souvent une prise de conscience r�elle des enjeux et le fait d�importer signifiait plut�t � traduire � des courants occidentaux en r�alisations locales dans ces pays en voie de d�veloppement.
Est-il vrai que des courants artistiques sont n�s au Maghreb, mais les artistes n�ont pas de rep�res, car dans quel patrimoine se reconna�tre sans un d�codage et un d�cryptage de l��uvre ? En d�crypter le sens, c�est trouver le fil conducteur du pass�, du pr�sent et surtout du futur.
La critique en mati�re d�art au Maghreb a souvent �t� une critique linguistique et purement journalistique ignorant la critique de l��uvre elle-m�me, en l�occurrence aussi, le th��tre, le cin�ma, le dialogue et le public. Elle est limit�e et ob�it � nombre de consid�rations.
Au niveau de la production des artistes maghr�bins, s�institue la volont� de faire plus, de produire des �uvres � l�instar de l�art moderne en tenant parfois compte des sp�cificit�s de chaque pays maghr�bin, mais la grande question �tait : Opter pour quel art ? Dans quelle optique le situer ?
Peut-on parler d�une Ecole au Maghreb ? S�interroger sur une telle ou telle �cole en mati�re d�art, revient � s�interroger sur l�art universel !
Notre question appara�t : qu�en est-il pour cette Ecole et que v�hicule t-elle ?
Notre r�ponse appara�t : Si une �cole existe et est reconnue universellement, il est de notre devoir d�assumer nos responsabilit�s envers cet � h�ritage � et d�assurer notre attachement.
Si, un antagonisme existe entre les artistes il faut chercher le pourquoi ? Il y a d�une part, ceux qui s�opposent et pr�nent qu�ils sont les pr�curseurs, les d�positaires et, d�autre part, ceux qui s�opposent et pr�nent qu�ils sont les h�ros contemporains. S�agit-il seulement d�un antagonisme au sujet d�une telle ou telle �cole, ou bien s�agit-il aussi d�un antagonisme au sujet de la dualit� des deux formes d�expression : l�abstraction et la figuration ? Car aujourd�hui, le monde a chang�, il tourne, il est cosmique. La pens�e se lib�re de son conditionnement quotidien, mais l��uvre d�art demeure universelle.
Si l�art moderne a laiss� un grand nombre de peintres de renon et pr�nait la beaut� esth�tique des tra�n�es de peinture, des grosses taches et des barbouillages, mais ces formes n�avaient en r�alit� de signification que pour leurs auteurs. Une r�action s�amor�a, qui condamnait les signes abstraits, un temps si cher aux peintres.
D�j� en 1936, dans son remarquable ouvrage sur � l��uvre d�art � l��re de sa re-productibilit� technique �, Walter Benjamin nous interpelle que � l�histoire de chaque forme d�art comporte des �poques critiques o� elle tend � produire des effets qui ne pourront �tre librement obtenus qu�apr�s modification du niveau technique, c�est-�-dire par une nouvelle forme d�art �. Cela veut dire aujourd�hui que les nouvelles technologies de l�information, �quipent les artistes d�instruments qui permettent d�explorer d�autres formes de sensibilit�s et d�autres r�les, en particulier en ce qui regarde le couple artiste/spectateur. L�interactivit� introduite par ces technologies initie progressivement et symboliquement � cette esp�ce de partage de pouvoir qu�annonce par ailleurs la r�volution technologique.
Que signifie aujourd�hui l�art contemporain que certains consid�rent que c�est un art qui n�est pas un nouveau style en concurrence avec d�autres styles, mais qui n�est d�aucun style. C�est un art en perp�tuelle r�-�volution plurielle, et dont les structures lorsqu�elles existent, sont forc�ment provisoires.
Qu�est ce qui est contemporain ? C�est une des questions que pose la Septi�me �dition de � documenta � la grande exposition de Cassel. Klossowski, Lohse ou Warhol y c�toient Buren ou Baseliz. Un choc de g�n�rations, d�esth�tique et de pratiques oppos�es qui toutes, n�anmoins, participent de ce que l�on nomme � Art Contemporain �. La ressemblance avec quelque chose que nous reconnaissons dans notre conscience ne doit pas �tre l�essence de la solution de la reconnaissance. Les diff�rences sont int�ressantes. Bien s�r, si elles existent.
Est-ce que nous avons, nous les maghr�bins commenc� � prendre conscience de notre retard d�s le milieu du XI�si�cle � Pourtant le retard accumul� au cours des quatre ou cinq derniers si�cles concerne aussi bien la technologie que les valeurs sociales et humaines. Le jour o� nous aurons accept� cette �vidence douloureuse, nous aurons accompli un grand pas vers le progr�s.
Il n�y aura pas d�alternative possible sans lib�-ration de l�imaginaire, des r�ves et des mots, de la convivialit� constructive�en toute spontan�it� et au � del� de toute forme de pouvoir. Bref, il faut mettre sur la table le potentiel r�volutionnaire de la subjectivit�.
Malgr� l��volution technologique et scientifique, le monde est rest� injuste et sanguinaire. L�art doit envahir la cit� pour rapprocher les hommes, pour devenir la v�ritable raison d��tre du futur, un hymne � la vie et � la tol�rance. Aujourd�hui la situation complexe de la pr�sente g�n�ration que nous soulevons. A la lutte pour l�affranchissement �conomique se greffe la qu�te permanente de l�identit� culturelle. Il faut bien voir que ces jeunes artistes de cette g�n�ration sont �pris d�arts modernes en m�me temps habit�s par l�id�e que l�on doit exprimer les aspirations que chacun porte en lui, qu�il doit �tre, comme une v�ritable fa�on de qui leur a dict� leur fa�on de voir, qui a orient� leur d�marche.
L�aspiration, le go�t pour ce qui vient d�Occident, qui depuis la derni�re guerre mondiale et le profond reclassement de l�Europe ont une emprise tr�s forte sur les artistes du Maghreb, et le parcours des peintres de style occidental qui n�ont cess� de chercher des mod�les en occident ne sont pas sans cons�quences : les artistes vont avoir un perp�tuel souci de garder la trace de ces tendances artistiques et styles nouveaux import�s tour � tour d�occident. D�marche qui, d�une part, ne permet pas souvent de d�passer l�imitation superficielle, et qui, d�autre part, pr�sente le risque de se couper de son public habituel. Mais on ne peut oublier qu�elle permet aussi d��largir le champ d�expression artistique des artistes � maghr�bins � et qu�elle les aide � se tenir au fait des tendances internationales de l�art. Mais qu�arrive-t-il � un artiste qui, essayant d��tre fid�le � sa voix int�rieure, ne parvient plus � se satisfaire de l�art moderne (contemporain) europ�en ? La r�ponse est sans doute chez les sp�cialistes, critiques, etc�
Ce d�sespoir de certaines r�gions des pays en voie de d�veloppement dans le Maghreb, en qu�te d�une reconnaissance, d�une id�e fondatrice est partag� surtout par ces jeunes d�sempar�s � plus d�un titre, et voir comment cette errance identitaire est le lot de tous les individus-sujets, des pays en voie de d�veloppement.
C�est aux antipodes des paysages maghr�bins que se situait l�effort novateur des artistes plasticiens de tous les courants artistiques qui gravitent plus ou moins autour d�un monde contemporain.
Ces �chapp�es d�une r�gion � l�autre, d�un pays � l�autre, vont bien � ces plasticiens maghr�bins profond�ment attach�s � l�identit� et � l�authenticit� des terroirs maghr�bins donnent parfois au public � contempler.
Parler de l�art maghr�bin exige de revenir sur l�histoire du Maghreb anciennement Afrique du Nord, ou ces pays qui sont pass�s par diff�rentes p�riodes historiques.
Parler du Maghreb et de son art, il est vital de faire ressurgir l�histoire, la d�poussi�rer et la faire conna�tre aux actuelles g�n�rations. L�urgence de presser les historiens, les chercheurs et hommes de culture de faire leur travail, d�une mani�re rationnelle et scientifique et pour s�employer � �tablir une g�n�alogie qui, des temps imm�moriaux � nos jours, donne au Maghreb son unit�, sa coh�rence et son identit�. Et � ce propos, il importe de veiller � ce que certains enjeux politiques n�aient pas une quelconque influence sur une Entreprise aussi salvatrice que l��criture de l�histoire. Une �criture �crite avec le t�moignage et l��il de la v�rit� et toute justice de l�objectivit� qu�appelle l�histoire. Peut-�tre que nous ne sommes jamais interrog�s sur l��criture de notre v�ritable histoire. Si nous l�avions fait, nous nous serions aper�us de la dimension Maghr�bine que comporte notre identit�. Nous y aurions d�couvert une partie de notre �tre.
� Le r�le de l�art est tr�s important. Parce qu�il permet de trouver un langage pour exprimer tout ce qui est nouveau, tout ce qui n�est pas encore exprim� �. Kateb Yacine
L�analyse de la modernit� qui ne s�acquiert pas par contamination et son impact sur les diff�rentes civilisations de notre monde contemporain est particuli�rement n�cessaire au moment o� l�on assiste � une transition vers une �poque � post-moderne � dont la d�finition est d�autant plus probl�matique qu�elle doit prendre en compte les bouleversements engendr�s par les rapides et profondes mutations technologiques en cette �re de mondialisation de plus en plus conqu�rante.
Le temps est venu pour d�cloisonner les espaces de communication. C�est dans ce sens que nous sommes appel�s � militer pour la dynamisation des structures associatives � l��chelle maghr�bine. Ces espaces nous ouvrent les conditions du dialogue et de la connaissance culturelle et donc, du d�bat dont nous avons besoin pour contribuer au renouveau de nos valeurs et au changement des bases structurelles de notre environnement socio-culturel.
Etre pour une forme d�engagement culturel que nous r�sumerons ainsi : la critique permanente de notre raison historique.
- Etre un facteur de rapprochement et de compr�hension entre les pays du Maghreb.
- Comment �tre un facteur pour l��dification d�un espace culturel maghr�bin, pour une meilleure compr�hension, une meilleure place de l�art maghr�bin en Occident et pour un dialogue des cultures entre les deux rives de la m�diterran�e qui a vu na�tre les trois religions monoth�istes.
- Comment les Associations des plasticiens des pays maghr�bins doivent-elles s�assumer, s�engager et d�cider pour la concr�tisation, la r�alisation d�une v�ritable association maghr�bine avec les objectifs suivants :
- D�passer les clivages
- La paix par l�art
- Cr�er un lieu de d�bats scientifiques et contradictoires
- Le rapprochement par la culture
- La sortie du marasme o� les artistes maghr�bins sont cantonn�s depuis longtemps, afin qu�ils s�affirment et puissent arriver � faire admettre leur art dans leurs pays respectifs et dans le monde.
- La cr�ation d�un march� de l�art maghr�bin pour que les �uvres soient exploit�es � leur juste valeur et pour avoir une incidence sur les march�s occidental et mondial.
- L�exploitation des ressources culturelles afin de les faire conna�tre.
- La cr�ation de revues d�art sp�cialis�es + anthologies et tout en essayant de penser d�j� � une synth�se de la peinture occidentale et de la peinture maghr�bine, synth�se entre les deux types d�arts plastiques, en se servant d�un corpus qui est la base et la description des arts plastiques au Maghreb.
Comment �tre un facteur dans la renaissance de l�art maghr�bin o� ces pays qui sont pass�s par diff�rentes p�riodes historiques et ayant v�cu la rencontre de diff�rents courants qui ont donn� lieu � une interaction et une interp�n�tration d�une culture maghr�bine.
- Pour la cr�ation d�une tribune des arts plastiques au maghreb. Il faudra implanter l�environnement lui-m�me avec ce p�le en question. Cette tribune comme banque de donn�es nous donne l�occasion de cr�er un espace de reconstitution pens� comme un lieu de transition et non comme la fin d�un parcours. Toute l�originalit� de la d�marche r�side dans ce d�sir d�aider les artistes novateurs maghr�bins � promouvoir une culture en mati�re d�art dans les destinations m�diterran�ennes et internationales.
- Envisager la cr�ation d�une Association Maghr�bine � AIAP parrain�e par le CNFAP.
Cette Association sera un lieu de connaissance. Elle aura pour mission de faciliter les rencontres maghr�bines � l��chelle mondiale et d�offrir aux artistes maghr�bins des espaces de libre expression. L�interactivit� entre les artistes et les publics illustreront � l�avenir une nouvelle mani�re de vivre l�art et la culture.
- Cette association a un grand r�le � jouer : gr�ce � elle, les artistes prouveront qu�ils existent, que l�art est toujours bien vivant et qui ne cesse de s�ouvrir � travers le monde et de p�n�trer dans l��re de la modernit�.
- La cr�ation de cette Association Maghr�bine-AIAP offre au cr�ateur maghr�bin un climat de stabilit� pour les investissements et les partenariats dans l�art et la culture � travers un brassage mobilisateur de g�n�ration et de civilisation, d�autant plus que le Maghreb conna�t actuellement de grands changements et mutations en amor�ant le processus d�mocratique et en aspirant � une �re nouvelle de modernit� et de progr�s.
*Artiste Plasticien
Auteur de plusieurs �crits et critiques en mati�re d�art Mahres, Juillet 2016, Mahres